19 jours dans le communiqué, et derrière, une année de rééducation silencieuse que personne ne regardera. Elect Sport perd un joueur pour une saison ; lui perd quelque chose de plus difficile à nommer.
Noté 8.00 à 21 ans, dans une équipe qui ne fait aucune concession à l'âge. Il n'en avait pas besoin, et il avait l'air de l'homme le moins nerveux du terrain.
Il ne s'agissait pas de football, et tous ceux qui ont vu la scène le savent. Deux hommes qui doivent jouer ensemble samedi se sont dit cette semaine au Elect Sport des choses qui prendront plus d'une semaine à effacer.
6 matchs sans défaite désormais. Certains ont été gagnés, d’autres survécus, mais une habitude se forme — et les habitudes sont ce qu’il y a de plus dur à affronter au football.
À 22 ans, on chante son nom des gens qui ont le double de son âge : une affection qu'une recrue met des années à mériter et qu'un gamin du coin obtient en se présentant. C'est aussi la chose la plus difficile à assumer dans ce sport.
Score final 2‑0, et l’après-midi fut celui de Abdoulaye Abakar : présent au moment décisif, et la raison pour laquelle les points restent à Elect Sport.
14 actions défensives et un clean sheet au bout. L'après-midi d'un défenseur ne peut se raconter que par ce qui n'est pas arrivé : voilà pourquoi personne n'en fait un résumé et pourquoi tous les entraîneurs de la division le prendraient.
Brahim Hissein touché aux ligaments du genou — 26 jours d'absence
Les mots qu'un kiné prononce lentement. 26 jours, c'est ce que le club annoncera, et quiconque a déjà entendu ce diagnostic sait que le chiffre est le moindre du problème : le genou revient avant le joueur.
Mahamat Harouna était au centre, et lorsqu'on les a séparés, trois ou quatre autres étaient impliqués. Un centre d'entraînement est un lieu étroit, et les longues saisons le rétrécissent.
14 buts et une moyenne de 7.25 sur la saison produisent cet effet. Les espaces d’avant ont disparu ; il marque quand même, et c’est à cela qu’on reconnaît les vrais.
Égalisation à la 91e minute, au terme d'un après-midi que Elect Sport avait quasiment plié. Gazelle parlera d'un point gagné ; le vestiaire local parlera de deux points donnés, et les deux ont raison.
Il a fallu un but de Abakar Haroun Mahamat pour ramener quelque chose : 1‑1 contre Gazelle, et la moitié du vestiaire parlera d’un point de gagné.
Le banc12/04/2027
Vu du banc
« On n'a pas perdu. Certaines semaines, c'est tout ce qu'on obtient, et je préfère avoir le point que pas. » Oumar Mahamat a choisi la version du verre à moitié plein de ce 1‑1 ; les supporters sont repartis avec l'autre.
18 jours dans le communiqué, et derrière, une année de rééducation silencieuse que personne ne regardera. Elect Sport perd un joueur pour une saison ; lui perd quelque chose de plus difficile à nommer.
Mahamat Harouna et un coéquipier se sont dit cette semaine des choses qu'il faudra plus d'une semaine pour effacer. Il ne s'agissait pas de football, et les deux jouent samedi.
Cela leur arrive à tous et cela reste le paragraphe le plus difficile qu'un journal local ait à écrire. 34 ans, 3 points en dessous de ce qu'il était, et un corps qui a commencé à percevoir des intérêts sur une carrière.
Demandez à n’importe qui à la sortie ce qui a séparé les deux équipes : un nom revient, Mahamat Harouna. 2‑1 contre US Moursal, et les applaudissements du coup de sifflet étaient surtout pour lui.
Il existe une chaleur particulière qu'un stade réserve à un joueur de 23 ans qu'il considère comme le sien. Frédéric Djoita l'a désormais, et tout ce qu'il fera ici sera mesuré à l'aune d'une bienveillance qu'on lui a offerte.
Un centre de formation existe précisément pour ce matin-là. Idriss Abba a traversé toutes les catégories du club et porte maintenant un numéro professionnel ; les plus fiers du bâtiment seront ceux qui l'entraînaient à douze ans.