Une blessure au genou de la pire espèce pour Arsen Omarov
54 jours selon l'estimation, et une longue année de rééducation, privée et sans gloire, que personne ne regarde. Le Rodina M perd un footballeur ; lui perd bien davantage qu'une saison.
Yegor Truntaev était au centre, et lorsqu'on les a séparés, trois ou quatre autres étaient impliqués. Un centre d'entraînement est un lieu étroit, et les longues saisons le rétrécissent.
L'entraîneur peut parler à qui il veut et ne peut payer personne. Un effectif traverse un mercato pareil avec des prêts, avec des jeunes du club et en espérant que les blessures tombent ailleurs.
« Ça avait assez duré. Je préfère le dire en face plutôt que de laisser traîner. » Dix minutes à huis clos à Rodina M, et les deux hommes en sont ressortis en disant que tout allait bien.
Les clubs ont réglé l'indemnité et lui a réglé son salaire. Il reste une visite médicale et une photo, et autour de Rodina M on a commencé à prononcer son nom au passé.
La direction a dit en public ce qu'elle disait déjà en privé. Les résultats d'ici au prochain conseil trancheront, et dans le club tout le monde sait compter.
Rien n'a été annoncé et tout le monde comprend ce que cela signifie. Un conseil qui réunit tout le département sportif un mardi matin est un conseil qui ne croit plus que le problème se réglera tout seul.
Les clubs se sont entendus, et il ne reste que des formalités : une visite médicale, une photo, une signature. Personne à Rodina M ne fait semblant de croire qu'il reportera ce maillot.
La forme va et vient ; celle-ci n'est pas partie. Ivan Makarov a 20 ans, et la version qui s'entraîne aujourd'hui n'aurait pas intégré l'équipe dans laquelle il était il y a un an.
Il ne s'agissait pas de football, et tous ceux qui ont vu la scène le savent. Deux hommes qui doivent jouer ensemble samedi se sont dit cette semaine au Rodina M des choses qui prendront plus d'une semaine à effacer.
C'est de l'argent qui garde la lumière allumée, pas de l'argent qui achète un défenseur central, et cette différence est toute l'histoire. Un club financé par son propriétaire plutôt que par son football n'a plus qu'une conversation devant lui.